Selon les Travel Predictions 2027 de Booking.com, 54 % des voyageurs français se disent intéressés par au moins une expérience paranormale, gothique ou d'horreur lors de leurs prochaines vacances, et 82 % au sein de la génération Z. Pour les gestionnaires, la question n'est pas de transformer un appartement en maison hantée. Elle est de savoir si un logement à thème, ou une offre d'expériences autour du bien, peut améliorer la performance d'une partie du parc. Les chiffres détaillés appellent à la prudence : l'envie déclarée est large, le passage à l'acte beaucoup plus étroit, selon l'étude publiée par Booking.com.
L'avis de la rédaction
Le paranormal ne deviendra pas un segment à part entière de la location courte durée d'ici 2028 : seuls 9 % des Français déclarent avoir déjà voyagé pour ce motif. Le signal utile est ailleurs. Quand 79 % des voyageurs français veulent vivre une expérience qui ne leur ressemble pas, le logement interchangeable perd du terrain face au logement qui raconte quelque chose. Les gestionnaires qui investiront dans un décor de film d'horreur se tromperont de combat ; ceux qui valorisent l'histoire réelle de leurs biens anciens prendront l'avantage.
Ce que l'annonce de Booking.com cache vraiment
L'enquête mesure une intention, pas une réservation. Elle a été menée en ligne en juillet et août 2026 auprès de 1 004 Français, sur un total de 28 230 voyageurs dans 32 marchés. Dans le détail communiqué à la presse fin octobre, 11 % seulement seraient tentés par une nuit dans un lieu réputé hanté, et 9 % ont déjà voyagé pour vivre une expérience paranormale.
Pour un gestionnaire, la lecture utile tient dans cet écart. Un voyageur sur deux se dit attiré par une montée d'adrénaline, mais la demande vise d'abord des activités : visites nocturnes et circuits sur le folklore local (11 %), lieux de tournage ou univers gothiques façon Dracula ou Frankenstein (14 %). L'hébergement thématisé arrive loin derrière.
Booking.com a par ailleurs un intérêt évident à installer ce récit. La plateforme vend aussi des activités à vivre pendant le séjour : chaque nouveau motif de voyage élargit le panier qu'elle peut capter.
Jan Sahagun, cofondateur de Trellis, estime que les conciergeries doivent concevoir l'expérience voyageur plutôt que seulement l'exécuter, et résume l'enjeu ainsi :
« Redevenir des entreprises d'hospitalité plutôt que des entreprises de logistique ou de ménage. »
C'est cette capacité, plus que le thème lui-même, que la tendance récompense. Elle s'inscrit dans un glissement déjà observé vers des voyages choisis pour leurs expériences plutôt que pour leur destination.

Logement à thème : les conséquences concrètes pour votre activité
Impact 1 - Le récit avant le décor : un bien ancien, une maison de maître ou une bâtisse associée à une légende locale documentée dispose déjà d'un actif que son annonce n'exploite pas. Réécrire la description et choisir les premières photos autour de l'histoire réelle du lieu coûte quelques heures ; une thématisation complète engage un budget de décoration que cette niche ne garantit pas de rentabiliser. Notre méthode pour rédiger une annonce Airbnb s'applique ici sans changement.
Impact 2 - L'exactitude comme garde-fou : présenter un logement comme « hanté » sans fondement expose à des avis négatifs sur l'exactitude de l'annonce, critère noté par Airbnb. Appuyez-vous sur des faits vérifiables (archives communales, office de tourisme, ouvrages d'histoire locale) plutôt que sur des promesses. En copropriété, un concept trop visible ou des activités nocturnes peuvent aussi raviver des tensions avec les voisins : relisez nos repères sur la location en copropriété avant de vous lancer.
Impact 3 - La vente additionnelle plutôt que la transformation : la demande d'activités (visites guidées nocturnes, circuits sur les récits macabres de la ville) se capte sans toucher au logement, via un partenariat avec un guide local. Proposée dans le message de pré-séjour ou le livret d'accueil, elle rejoint la logique des ventes additionnelles. La limite est contractuelle : formalisez la commission et vérifiez que le prestataire est déclaré et assuré.
Impact 4 - Un prétexte d'automne, pas une saison : Halloween tombe pendant les vacances de la Toussaint, au moment où beaucoup de gestionnaires cherchent à combler des creux. Une offre thématique ponctuelle, préparée dès la fin de l'été, peut s'ajouter à vos leviers pour remplir le calendrier en basse saison. Rien dans l'étude n'indique en revanche une demande récurrente le reste de l'année.
Impact 5 - La génération Z comme cible prioritaire : avec 82 % d'intérêt chez les plus jeunes, l'argument se joue moins sur les OTA que sur les contenus courts et visuels. C'est un terrain où une conciergerie peut se distinguer par ses propres réseaux sociaux, dans un marché où la concurrence entre hôtes professionnels rend la différenciation de plus en plus nécessaire.

Ce qu'on ne sait pas encore
L'intérêt déclaré se traduira-t-il en recherches et en réservations ? Booking.com publie des intentions, aucune donnée de réservation sur ces séjours.
Quelle part de cette demande vise l'hébergement plutôt que l'activité ? L'étude ne permet pas de le distinguer finement.
Les plateformes mettront-elles en avant ces logements dans leurs filtres ou leurs catégories ? Aucun élément de l'annonce ne l'indique.
Pour aller plus loin sur les logements à thème, consultez notre guide complet : Love Room Airbnb : comment transformer un segment de niche en opportunité business.

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