Pour une conciergerie, trouver de nouveaux biens à gérer ne sert pas seulement à grossir. Chaque année, il faut aussi remplacer les propriétaires qui vendent, reprennent leur logement ou changent de gestionnaire. Ces propriétaires ont désormais le choix entre plusieurs prestataires et comparent avant de signer. Les leviers d'acquisition les plus efficaces restent pourtant peu coûteux : ils reposent sur la confiance de vos clients actuels et sur un réseau local bien choisi. Cet article réunit six méthodes que j'ai pratiquées en gérant une conciergerie à Aix-en-Provence, mises à jour pour 2026, avec leurs limites et le profil de gestionnaire auquel chacune convient.
L'essentiel à retenir :
Pourquoi la fidélisation est devenue votre premier levier d'acquisition
Une activité de gestion locative naît rarement d'un plan marketing. C'est une agence immobilière qui répond à la demande de ses clients, un prestataire de ménage ou de blanchisserie qui se diversifie, ou un hôte qui commence par aider des amis. C'était mon cas.
Chaque profil démarre avec un atout : un fichier de clients, un savoir-faire ou une logistique rodée. Mais ce réseau de départ s'épuise. Vient alors le moment où l'acquisition naturelle ne suffit plus et où il faut aller chercher des propriétaires qui ne vous connaissent pas.
Ces propriétaires sont mieux informés qu'il y a dix ans. Ils lisent les mêmes contenus que les professionnels et jugent leur gestionnaire sur ses résultats. Élise Ripoche, fondatrice de l'agence de revenue management J'affiche Complet, le constate chez ses clients : « On a beaucoup de dirigeants de conciergerie ou d'agences immobilières qui disent, en fait, je convertis mieux quand je dis que j'ai un revenue manager en interne. »
Dans le sondage qu'elle a mené auprès de sa communauté, les gestionnaires estiment qu'entre 70 et 80 % de la satisfaction d'un propriétaire vient d'un bon chiffre d'affaires. Un propriétaire satisfait reste, et il parle de vous. Votre meilleur outil d'acquisition est donc la façon dont vous traitez vos clients actuels. Pour le volet performance, notre article sur le revenue management en 2026 détaille les leviers au-delà du seul prix.
La newsletter propriétaires : fidéliser et faire parler de vous
L'idée paraît banale, mais c'est l'une des plus rentables que j'ai testées : des emails envoyés à vos propriétaires actuels, à un rythme libre, pour leur montrer comment vous travaillez.
Fidéliser par la transparence
Le propriétaire ne voit de votre travail que les virements et les problèmes. La newsletter lui montre vos process, votre équipe et votre quotidien. Elle réduit aussi les malentendus du type « vous ne m'aviez pas dit que ».
Quelques sujets qui fonctionnent :
- La visite d'un nouveau bien, pour expliquer comment vous sélectionnez les logements que vous acceptez.
- Le déroulé d'une séance photo, avec la présentation de votre photographe partenaire.
- Les conseils d'une décoratrice d'intérieur pour un logement loué en courte durée.
- Le bilan de fin de saison, avec ce qui a marché et ce que vous ajustez.
- La logique de votre tarification, pour désamorcer les questions sur les prix avant qu'elles arrivent. Notre guide pour optimiser les prix en location saisonnière donne de la matière pour ce sujet.
Conquérir par le bouche-à-oreille
Un propriétaire bien informé recommande plus volontiers votre service à un voisin qui hésite à louer. La newsletter sert aussi en prospection : sur la page de votre site destinée aux futurs clients, proposez la lecture d'un ancien numéro. Le prospect voit le niveau de suivi qu'il recevra.
Mettre en place sans s'épuiser
Ne vous engagez sur aucun rythme d'envoi : écrivez quand vous avez quelque chose à dire. Listez une dizaine de thèmes, puis annoncez la démarche à vos propriétaires.
Mailchimp ou Brevo proposent des modèles prêts à l'emploi. Leurs formules gratuites limitent les envois ou affichent la marque de l'éditeur, vérifiez les conditions. Sur le plan légal, la CNIL classe ces messages informatifs dans les communications relationnelles avec vos clients. Ils ne demandent pas de consentement préalable, à condition de rester informatifs et de permettre une désinscription simple.
Dernier point : mettez-vous dans cette newsletter. Votre ton, vos choix et vos convictions font la différence avec la conciergerie voisine.

Cinq leviers locaux pour trouver de nouveaux biens à gérer
Récompenser les recommandations de vos premiers clients
Les propriétaires qui vous ont fait confiance au démarrage sont vos meilleurs prescripteurs. Incitez-les à parler de vous à leur famille et à leurs voisins.
Le remerciement peut être un cadeau à leur retour en fin de saison, un dîner ou un chef à domicile. Ce dernier leur fait vivre une prestation que vous proposez aussi aux voyageurs.
Collaborer avec les agences immobilières
Dans les zones touristiques, beaucoup d'agences traditionnelles proposent de la location saisonnière sans en avoir les outils. La diffusion sur Airbnb, Booking.com ou Abritel et la logistique des rotations n'ont rien à voir avec une vente. Proposez aux agences de votre quartier de prendre en charge cette partie, en ciblant celles qui n'ont pas d'offre structurée.
Le contexte a changé depuis quelques années. Sébastien Vernay, de l'éditeur de logiciel Biloki, observe que de nombreuses agences en difficulté basculent elles-mêmes vers la conciergerie, même si toutes n'ont pas la culture du service nécessaire. Certaines deviennent donc des concurrentes plutôt que des partenaires.
Si la collaboration implique l'encaissement de loyers pour le compte de propriétaires, vérifiez votre statut au regard de la carte G. Notre article sur les conciergeries sans carte G fait le point.
Louer en saisonnier des biens en vente
Un bien vide qui ne se vend pas coûte de l'argent chaque mois et rapproche son propriétaire d'une négociation à la baisse. Une maison toujours en vente en mai, sans compromis signé, peut être louée tout l'été. Les revenus locatifs compensent une éventuelle baisse du prix.
J'ai obtenu ainsi la gestion d'une maison deux années de suite. Le bien doit rester meublé et les voyageurs doivent être prévenus des visites, planifiées pendant leurs sorties. Avant de vous lancer, vérifiez les règles de la commune sur les meublés de tourisme. Notre décryptage de la loi Le Meur résume les obligations en vigueur.
Nouer des partenariats avec des artisans
C'est à mes yeux la piste la plus intéressante : elle construit votre réseau de prestataires tout en vous apportant des biens. Plombiers, électriciens, piscinistes et jardiniers entrent chez les propriétaires que vous ciblez. Ils vous recommandent, vous les recommandez à vos clients.
Beaucoup de propriétaires de résidence principale envisagent aussi de louer l'été pour financer des travaux. Un cuisiniste ou un poseur de vérandas en rencontre chaque semaine. S'il glisse que quelques semaines de location peuvent financer le projet, il vous envoie un prospect motivé. Cadrez cependant l'argument. Une résidence principale ne peut être louée en meublé de tourisme que 90 à 120 jours par an selon la commune, et 90 jours consécutifs au maximum pour un même client. Le dépassement expose le propriétaire à une amende civile de 10 000 €. Un partenaire qui promet des revenus irréalistes vous prépare un client déçu.
Prospecter avec Google Maps
La vue satellite de Google Maps et Google Street View permettent de repérer les quartiers et les maisons qui correspondent à vos critères. Si vous gérez des villas, les piscines et les courts de tennis se repèrent en quelques minutes.
Il reste à vous présenter sur place ou à déposer un courrier soigné. Les images peuvent dater de plusieurs années et le taux de réponse reste faible. D'autres canaux complètent ces leviers, comme le réseau de co-hôtes d'Airbnb ou les réseaux sociaux de votre conciergerie, au prix d'une présence régulière.
Avant de chercher des biens à gérer, calculez ce que coûte un mandat perdu
L'exemple ci-dessous repose sur des hypothèses à remplacer par vos chiffres : une conciergerie de 25 logements, 18 000 € de revenus locatifs moyens par logement et par an, une commission de 20 %.
| Situation | Calcul | Chiffre d'affaires de la conciergerie |
|---|---|---|
| Un logement géré | 18 000 € × 20 % | 3 600 € par an |
| 3 propriétaires qui partent dans l'année | 3 × 3 600 € | 10 800 € à reconquérir |
| Objectif de croissance de 5 logements | 5 × 3 600 € | 18 000 € de chiffre supplémentaire |
Dans ce scénario, la conciergerie doit signer 8 mandats pour en gagner 5. Avec un seul départ, 6 signatures suffisent : chaque départ évité vaut un mandat gagné. Les leviers n'ont pas tous le même coût ni le même délai.
| Levier | Coût | Délai avant résultat | Pour qui | Limite principale |
|---|---|---|---|---|
| Newsletter propriétaires | Faible | Plusieurs mois | Tous profils | Demande de la constance dans le contenu |
| Parrainage | Coût par mandat signé | Variable | Dès les premiers clients | Dépend de la satisfaction réelle |
| Agences immobilières | Temps de rendez-vous | Moyen | Conciergeries en zone touristique | Certaines agences deviennent concurrentes |
| Biens en vente | Faible | Court, avant l'été | Gestionnaires de maisons | Bien meublé et visites à organiser |
| Artisans | Temps de réseau | Moyen | Gestionnaires bien implantés | Discours à cadrer sur les limites légales |
| Google Maps | Temps et impression | Court | Gestionnaires de villas | Taux de réponse faible |
Qui gagne, qui perd ?
Les conciergeries ancrées localement sortent gagnantes. Une structure de 1 ou 2 personnes qui connaît ses artisans, ses agences et ses propriétaires dispose d'un réseau qu'aucun concurrent national ne rachète. Les gestionnaires capables de montrer leurs résultats gagnent aussi : un reporting clair et une tarification argumentée font de chaque propriétaire une référence.
Les perdants sont ceux qui achètent leur croissance par la baisse de commission. Un propriétaire signé sur le prix part au premier concurrent moins cher. Ceux qui ne parlent à leurs propriétaires qu'en cas de problème subissent chaque départ sans l'avoir vu venir. Un gestionnaire de 80 logements qui en perd 15 par an avance moins vite qu'une conciergerie de 30 logements qui n'en perd aucun. Notre article sur la concurrence accrue entre hôtes professionnels éclaire ce contexte.

Comment trouver ses premiers biens à gérer quand on démarre une conciergerie ?
Commencez par votre réseau proche et par les artisans de votre secteur, avant tout investissement publicitaire. Soignez particulièrement ces premiers mandats : ils deviendront vos premiers prescripteurs. Si vous ciblez des maisons, la prospection avec Google Maps et les biens en vente complètent cette base.
Faut-il le consentement des propriétaires pour leur envoyer une newsletter ?
Non, une newsletter informative envoyée à vos propriétaires clients ne demande pas de consentement préalable. La CNIL rattache ces messages relationnels au contrat ou à l'intérêt légitime, à condition qu'ils restent informatifs et raisonnables en fréquence. Chaque propriétaire doit pouvoir se désinscrire simplement. En revanche, relayer les offres commerciales de partenaires relève de la prospection et demande un consentement.
Quelle récompense proposer à un propriétaire qui vous recommande ?
Proposez une récompense qui reflète votre service plutôt qu'une simple remise. Un chef à domicile, un dîner ou un cadeau à son retour en fin de saison renforcent la relation. Une remise sur vos honoraires fonctionne aussi, mais elle associe votre service au prix. Écrivez les règles du parrainage pour éviter les malentendus.
Ce que ça change pour votre activité
Trouver de nouveaux biens à gérer commence par ne plus perdre ceux que vous avez. Si vous gérez moins de 10 logements, misez sur le parrainage et les artisans : votre réseau personnel est votre premier capital. Entre 10 et 50 logements, lancez la newsletter propriétaires et formalisez vos partenariats avec deux ou trois agences. Au-delà de 50 logements, mesurez votre taux de départ chaque année avant de fixer vos objectifs de prospection. Pour structurer cette croissance, consultez notre article sur ce que change la gestion de 100 logements.

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